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Quelles sont les conséquences d'une absence de sexualité ?



Chez l’homme, l’absence de sexualité n’est pas forcément pathologique en soi, mais plusieurs études montrent des liens entre activité sexuelle, bien‑être psychologique et certains marqueurs biologiques.





Plan émotionnel et mental



Plusieurs travaux sur adultes, surtout d’âge moyen et âgé, montrent que les hommes sexuellement actifs rapportent en moyenne une meilleure satisfaction de vie et une meilleure qualité de vie psychologique que ceux sans activité sexuelle



Dans l’English Longitudinal Study of Ageing, une baisse du désir ou de l’activité sexuelle chez les hommes était associée à plus de symptômes dépressifs et à une moindre satisfaction de vie.


La sexualité de couple est aussi corrélée à la qualité relationnelle et à la santé mentale: dans une cohorte américaine d’aînés, une activité sexuelle de couple plus régulière était liée à moins de symptômes dépressifs et à une meilleure satisfaction conjugale


Plan biologique et hormonal



La sexualité masculine est étroitement liée à la fonction androgénique: la baisse de testostérone s’accompagne fréquemment de baisse de libido, de troubles de l’érection, de fatigue et d’humeur dépressive.


Une revue sur déficit en testostérone indique que les symptômes typiques sont diminution du désir, dysfonction érectile, baisse de densité osseuse, fatigue et humeur plus basse, avec un risque accru de syndrome métabolique et d’événements cardiovasculaires.


Des études sur hommes hypogonadiques montrent que faible libido, moindre fréquence des rapports et dysfonction érectile sont associés à un risque cardiovasculaire à 10 ans plus élevé, même après ajustement sur l’âge et la testostérone.


​Dans ces populations, une faible fréquence de rapports (<1/mois) est corrélée à un risque cardiovasculaire globalement plus élevé que des rapports plus fréquents (≥4/mois).


On ne peut pas en déduire qu’être abstinent «fait baisser» la testostérone de façon importante chez un homme sain, mais plutôt que baisse de désir, d’érections et d’activité sexuelle sont souvent des marqueurs d’un état hormonal et cardiovasculaire moins favorable.


Sexualité, vieillissement et santé globale



Des cohortes populationnelles montrent qu’avec l’âge, désir, érections et fréquence des rapports diminuent progressivement, mais beaucoup d’hommes restent satisfaits et ne vivent pas cela comme un problème majeur.


Dans la cohorte masculine étudiée par Travison et al., les fonctions érectile, éjaculatoire et le désir baissent avec le temps, mais les hommes sans partenaire régulier avaient des diminutions sexuelles moins marquées, ce qui suggère que le contexte relationnel compte autant que la fréquence des rapports.


Chez les personnes âgées, une activité sexuelle adaptée (incluant caresses, intimité, pas uniquement la pénétration) est associée à une meilleure qualité de vie, un meilleur moral et parfois une meilleure santé perçue.


L’absence de sexualité peut donc être neutre si elle est choisie et intégrée, ou devenir facteur de souffrance si elle est subie (problèmes d’érection, maladie, isolement, conflits de couple).


Masturbation, abstinence et santé mentale



Une revue sur la fréquence de l’éjaculation souligne que l’impact sur la santé mentale dépend beaucoup des croyances personnelles: quand la masturbation est vécue avec culpabilité («masturbation ego‑dystonique»), on observe plus d’anxiété, de dépression et de difficultés relationnelles.


À l’inverse, chez des hommes sans culpabilité majeure, les données ne montrent pas clairement d’effets négatifs importants d’une fréquence d’éjaculation faible ou élevée sur la santé mentale globale.


Autrement dit, ce n’est pas seulement l’absence de rapports ou d’éjaculation qui compte, mais le sens que l’homme donne à cette abstinence (choisie, contrainte, liée à un trouble, à des normes religieuses strictes, etc.)


En pratique pour un homme


  • Si l’abstinence est choisie, non culpabilisante, avec un bon équilibre affectif et social, les études ne montrent pas de danger systématique majeur, même si la sexualité reste un facteur de bien‑être chez beaucoup d’hommes.


  • Si elle est subie (troubles sexuels, conflit de couple, isolement), on voit plus souvent: baisse de l’estime de soi, symptômes dépressifs, anxiété de performance, tensions conjugales.


  • Biologiquement, la baisse de libido et de sexualité doit surtout alerter sur une possible baisse de testostérone, un syndrome métabolique ou un risque cardiovasculaire, surtout après 40–50 ans: d’où l’intérêt d’un bilan médical si la situation est récente ou mal vécue.



L’absence de sexualité dans le couple, définie souvent comme moins de 10 rapports par an, est un motif fréquent de consultation conjugale et impacte particulièrement l’homme sur le plan psychique, via une boucle satisfaction sexuelle–qualité conjugale–humeur.


Impacts émotionnels et relationnels


L’homme en couple sans sexualité subie rapporte:


  • Rejet perçu et baisse d’estime de soi

  • Ressentiment croissant, retrait affectif, risque de distance émotionnelle ou d’infidélité.


Conséquences mentales



Association bidirectionnelle robuste:


  • Dysfonction sexuelle → insatisfaction conjugale → symptômes dépressifs


  • Dépression → retrait sexuel → cercle vicieux.





Pour relancer la libido après une période d’abstinence,

l’idée est d’agir à la fois sur le corps, le contexte psychique et, si besoin, le bilan médical.


1. Vérifier qu’il n’y a pas de cause médicale


Une baisse de désir durable (plusieurs mois) justifie un bilan si:

fatigue, prise de poids, baisse de force, humeur dépressive, troubles de l’érection.


Les recommandations incluent: examen clinique, dosage de testostérone, recherche de troubles endocriniens (thyroïde, prolactine, diabète) et revue des traitements pouvant nuire au désir (antidépresseurs, antihypertenseurs…)



En cas de déficit androgénique objectivé, un

peut être proposé sous contrôle spécialisé, associé à la prise en charge des comorbidités (syndrome métabolique, dépression, etc.).




2. Agir sur le mode de vie (fondation biologique de la libido)


Les études sur la dysfonction érectile montrent que les changements de mode de vie (perte de poids, activité physique, alimentation méditerranéenne) améliorent la fonction érectile et les niveaux de testostérone, ce qui soutient indirectement le désir


Les axes clés:


  • Activité physique régulière (endurance + renfo léger) 3–5 fois/semaine.


  • Alimentation de type méditerranéen (fruits/légumes, huile d’olive, peu d’ultra‑transformés)


  • Réduction de l’alcool, arrêt du tabac, travail sur le sommeil (7–8 h).


Même si l’abstinence peut provoquer des variations modestes et transitoires de testostérone, les données montrent que la libido dépend beaucoup plus du terrain global (santé cardio‑métabolique, humeur, stress) que de l’abstinence en elle‑même.


3. Réentraîner le désir (niveau mental et comportemental)


Les recommandations en sexologie pour le faible désir masculin insistent sur un travail étiologique et cognitivo‑comportemental:


  • Réintroduire progressivement des stimuli érotiques qui te conviennent (fantasmes, lecture, vidéos choisies, toucher, caresses), sans pression de performance.


  • Se focaliser sur les sensations plutôt que sur le résultat (érection, orgasme), en pratiquant éventuellement des exercices de « focalisation sensuelle » (caresses sans obligation de pénétration).


  • Travailler les pensées qui coupent le désir (« je ne vais pas y arriver », « je suis nul ») via une approche de type TCC, souvent utilisée pour l’hypodésir masculin.


Après une longue abstinence, il est classique de ressentir gêne, anxiété de performance ou hyper‑surveillance de son corps; un travail de désensibilisation graduelle (reprendre par la masturbation, puis l’intimité à deux, etc.) permet souvent de restaurer un niveau de désir plus spontané.


4. Si tu es en couple


  • Parler clairement du fait que la relance doit être progressive, sans exigence de fréquence ni de performance.


  • Commencer par des moments d’intimité non génitaux (câlins, massages, douches ensemble) pour réassocier le contact au plaisir et à la sécurité, puis seulement ensuite viser des rapports.


  • En cas de blocage persistant, un sexologue ou thérapeute de couple formé aux troubles du désir masculin est la voie la plus efficace.



Pour booster la libido après abstinence


1. Exercices physiques généraux (fond de libido)


Objectif: améliorer vascularisation, testostérone, énergie et humeur.


Les recommandations cliniques sur la fonction sexuelle masculine conseillent: au moins 150 minutes/semaine d’activité aérobie (marche rapide, vélo, natation) + 2 séances de renforcement musculaire.

Concrètement:

  • 30 minutes de cardio modéré 5 jours/semaine (marche rapide, vélo, rameur).

  • 2–3 séances de renfo (pompes, squats, gainage, haltères légers), en visant les grands groupes musculaires.


Ces exercices améliorent la fonction érectile et soutiennent la libido via une meilleure santé cardio‑métabolique et une baisse du stress.


2. Exercices du plancher pelvien (Kegel masculins)


Les essais contrôlés montrent que le renforcement du plancher pelvien améliore l’érection, la rigidité et parfois l’orgasme, ce qui augmente la confiance et le désir.


Repérage du muscle:

  • En urinant, essayer de « couper le jet » (sans le faire à chaque fois, juste pour identifier la zone).


  • Le bon muscle est celui qui provoque un léger soulèvement du pénis et du scrotum quand tu le contractes.


Routine type (3 fois/jour):


  • 10 contractions lentes: contracter 5 secondes, relâcher 5 secondes.

  • 10 contractions rapides: contracter 1 seconde, relâcher 1 seconde.

  • Respiration normale, fessiers/abdos/jambes relâchés.


Les études rapportent des améliorations significatives de la fonction érectile après 3 à 6 mois de pratique régulière.


3. Exercices de « sensate focus » (relancer l’excitation sans pression)


Les exercices de sensate focus (Masters & Johnson) sont une référence en sexothérapie pour diminuer l’anxiété de performance et réapprendre à ressentir l’excitation.


Seul (version auto‑sensate):


  • Prévoir 20–30 minutes, sans écran ni distraction.

  • Explorer ton corps avec les mains (torse, ventre, cuisses, fesses, dos…) en te concentrant uniquement sur les sensations, sans chercher l’érection ou l’orgasme.

  • Si l’excitation monte, tu peux continuer ou t’arrêter: l’objectif est de réhabituer le cerveau à associer toucher, détente et plaisir (pas performance).


En couple (classique):

  • Phase 1: caresses non génitales (pas de contact sur sexe/seins, pas d’objectif de pénétration), chacun à son tour, en commentant ce qui est agréable

  • Phase 2: inclusion progressive des zones érogènes, toujours sans exigence de rapport.

  • Phase 3: liberté de passer au rapport si le désir vient naturellement.


Ces exercices réduisent le « spectateur intérieur », améliorent l’attention aux sensations et la connexion émotionnelle, ce qui favorise un retour du désir plus spontané.


4. Exercices de stimulation mentale et de routine


Après abstinence, la libido repart mieux si le cerveau reçoit de nouveaux signaux érotiques:


  • Planifier 2–3 « rendez‑vous érotiques » par semaine (seul ou en couple) où tu t’autorises à penser/se concentrer sur le plaisir.


  • Utiliser supports érotiques choisis (lecture, fantasmes, audio, etc.) en restant aligné avec tes valeurs, pour réactiver l’imaginaire sexuel.


  • Associer ces moments à un rituel de détente (respiration, douche chaude) pour casser le lien entre sexualité, stress et performance.


Merci de m'avoir lu !

Emmanuelle




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